Sauvetage express : dual boot Windows 10 / Debian 13 sur un OptiPlex 390
La semaine où tout a cramé
Tout commence par une cascade de morts informatiques. Mon MacBook de 2015 — ma machine de tous les jours, celle dont la batterie tenait mieux que toutes les autres — rend l’âme après dix ans de bons et loyaux services. Dans la foulée, mon Latitude 3790 2-en-1 prend la flotte : connecteur cramé, écran mort, irréparable. Je me retrouve sans aucun ordinateur quelques jours avant la reprise des cours.
Le lundi de la débrouille
Sans machine, le lundi se transforme en purgatoire. J’essaie de bosser depuis mon téléphone et du papier-crayon. Verdict en fin de journée : invivable.
- L’écran du téléphone est trop petit pour afficher un sujet de maths et sa correction côte à côte ;
- Mes fiches sont dans Obsidian, version mobile : pour consulter une fiche puis revenir au sujet, je dois changer d’application en permanence — et ce va-et-vient infini est le meilleur piège à concentration qu’on puisse imaginer. Plus d’une fois, un « vite fait, je vérifie une formule » s’est terminé dans les méandres de YouTube, vingt minutes plus tard.
Bilan de la journée : presque rien. Il me faut un vrai PC, et vite.
Le mardi de la chance
Mardi soir, je file en catastrophe chez des potes qui tiennent un petit stock de machines d’occasion. Ils me ressortent un vieux Dell OptiPlex 390 — une tour discrète, pas une bête de course, avec un HDD vieillissant sous Windows 10 sans licence. Elle démarre : c’est parti pour le plan B.
Le plan : deux disques, deux mondes
J’ai besoin de deux choses apparemment contradictoires :
- garder Windows 10 pour mes jeux ;
- Debian pour travailler — c’est sous Linux que je travaille et que je développe depuis plusieurs mois, et je ne compte pas revenir en arrière.
Solution : installer un second disque dur dans la tour, installer Debian dessus, et laisser GRUB jouer l’arbitre entre les deux systèmes.
J’ouvre le boîtier, je plaque un disque de 240 Go sur un port SATA libre (petit détail au passage : n’oublie pas le câble d’alimentation — un disque qui n’est pas alimenté, c’est un disque qui n’existe pas), je referme, j’insère la clé Debian.
Installation anodine : partitionnement ciblé sur le nouveau disque, GRUB installé par l’installateur, redémarrage. Et là…
La galère GRUB, ou l’art de tirer trois fois
Deuxième tentative : je relance l’installateur, je m’assure que tout part sur le bon disque, je redémarre… Windows encore. Troisième essai, même résultat. Trois installations de Debian derrière moi, et toujours pas l’ombre d’un menu GRUB. C’est là que ça gratte.
Le coupable, en réalité : la priorité de démarrage du BIOS.
GRUB avait bien été installé… mais pas sur le disque que la carte mère regardait en premier. Quand le BIOS cherche un système à démarrer, il consulte sa liste de périphériques bootables dans l’ordre : si Debian (et son GRUB) est sur le deuxième disque et que Windows reste en tête de liste, aucun menu ne s’affiche jamais. Windows démarre, comme si Debian n’existait pas.
La morale est simple et brutale : réfléchis à la priorité de démarrage de tes disques avant d’installer quoi que ce soit. Sur un OptiPlex 390, on éduque la bête dans le BIOS (F2 au boot), section Boot Sequence : place le disque Debian en première position. De mon côté, une fois le bon disque en tête, tout est rentré dans l’ordre : menu GRUB, Windows en choix n°1, Debian en n°2, GRUB_TIMEOUT=5 pour respirer.
Personnalisation : un environnement au look Sweet
Debian tourne. Il reste à faire en sorte que ce soit le mien. Je pars sur KDE Plasma, avec un thème précis en tête : sombre, bleuté, polaire — le Sweet-Ambar-Blue, décliné jusqu’à l’écran de connexion :
- Look & Feel Sweet-Ambar-Blue pour Plasma, et même thème pour SDDM, l’écran de connexion — la cohérence visuelle paie ;
- Icônes : candy-icons, colorées sans être criardes ;
- Curseurs : ArcStarry (Sweet en backup) ;
- Konsole : profil « SweetAmbar », la vraie signature — fond translucide à 50 % avec flou, schéma sombre (fond
24,27,40, texte blanc pur) ; - GTK : Breeze en mode sombre, pour que les applis non-KDE ne jurent pas avec le reste ;
- Wallpaper : un cyber-bison qui pose l’ambiance.
# Profil Konsole « SweetAmbar »
[Background]
Color=24,27,40
[Foreground]
Color=255,255,255
[General]
Description=Sweet Ambar Blue
Opacity=0.5
Le terminal est la vitrine du setup : demi-transparence, un brin de flou, fastfetch qui annonce la couleur à l’ouverture, et quelques amusements qu’on a tous (cmatrix, lolcat, cowsay).
La tournée des outils
Parce qu’un bel OS sans bons outils, c’est une façade. J’ai ramené mon quotidien d’étudiant-développeur dessus :
- Obsidian — le vault de notes autour duquel tourne toute ma vie de travail ;
- LocalSend pour envoyer des fichiers entre machines sans câble ni compte ;
- Firefox ESR en brouette de base ;
- zola, le générateur de site statique derrière ce blog ;
- arrosé de
flatpakpour tout ce qu’apt ne fournit pas.
Bilan
En l’espace d’une soirée de panique aboutissant à la récupération d’une machine et d’une semaine de bricolage, l’OptiPlex 390 est passé de « vieille tour sous Windows pirate » à machine de dev principale. Les leçons, en vrac :
- La priorité de démarrage du BIOS, c’est la moitié de la bataille du dual boot sur disques séparés ;
- Un setup Linux cohérent (thème + SDDM + Konsole + GTK) se monte vite, mais chaque détail compte ;
- Parfois, la créativité technique naît de l’urgence du quotidien : il a fallu perdre un lundi à galérer sur un téléphone pour mériter mardi ce vieux boîtier de récupération.
Windows est toujours là, cantonné aux jeux. Tout le reste a migré.