Mon usage de l'IA


type: article

Introduction

Ça fait depuis ma première que j’utilise l’intelligence artificielle. J’ai découvert ChatGPT, et j’ai immédiatement été hyper fan. Mon côté geek prenant le dessus, j’ai tout de suite essayé de me connecter à l’API, pour m’apercevoir que c’était payant, et de faire des générateurs de podcasts et plein d’autres trucs. À la base, je l’utilisais un max pour me distraire, ce que j’ai poursuivi sous une autre forme.

Ensuite, j’ai compris qu’il pouvait y avoir un intérêt pour le travail. J’ai notamment fait générer par l’IA tous mes plans d’enseignement moral et civique, Dieu maudisse cette matière inutile. J’ai eu des notes moyennes, mais c’était à cause de ma prestation : j’avais fait générer le plan par l’IA, mais c’est moi qui avais fait la présentation. On en reparlera.

Enfin bref, rentrons dans le vif du sujet avec la vidange de l’esprit.

Vidange de l’esprit / organisation

Ce que c’est

J’ai pris au lycée l’habitude de noter chaque soir ce que j’avais appris dans la journée. Depuis, cette pratique a dérivé vers la tenue d’un journal de bord où je note mes impressions, mes idées, mes projets, mes pensées. Mais j’ai souvent la flemme de le faire. Donc j’utilise l’IA pour me le faire.

La procédure est simple. Tous les chatbots populaires actuellement (Claude, ChatGPT, Gemini, etc.) disposent d’un mode vocal ou appel, que je lance maintenant régulièrement. Avoir cet interlocuteur me permet de me dégager l’esprit et de me recentrer sur ce que je veux dire, sans avoir à me soucier de la forme. C’est un moyen de me libérer de la pression de la rédaction.

Bénéfices

Ça décharge l’esprit, c’est une alternative à poser ses idées sur le papier. Ça permet de FORMALISER et d’ORGANISER mes pensées. Ça me permet aussi d’approfondir des idées que j’ai, de les développer, ou bien de réviser oralement avec un précepteur personnalisé qui s’adapte à ma façon d’apprendre et de réfléchir. Le fait de pouvoir l’interrompre et la rapidité de ces modes vocaux en font de vrais outils utiles.

Un autre avantage, c’est qu’on peut l’utiliser en conduisant, et c’est mon usage principal. Ça me permet à la fois de me distraire, mais de façon subtile, et le fait d’être acteur plutôt que de consommer un contenu active les neurones. J’aime ça : je prends du plaisir et je sens que ça m’enrichit intellectuellement, parce que j’essaie d’aborder des sujets constructifs.

Ça dépend toutefois du contexte. Je prends de plus en plus de plaisir à taper au clavier, donc j’utilise de moins en moins la dictée. Dans un contexte de travail, en revanche, elle apporte une efficacité redoutable quand il y a de grands prompts, des instructions complexes à dicter ou des choses à comprendre. Pour moi, c’est vraiment pour la compréhension que j’ai besoin de formulation orale.

Rédaction de texte

Long

Pour la rédaction de texte long, ça dépend du texte, mais pour les articles de blog, par exemple, je commence par faire un plan précis, parce que je sais comment je veux que ce soit fait. J’y réfléchis en amont, parfois avec la technique de la vidange de l’esprit. Parfois même, je fais des slides sur mon article. Ensuite, je présente mes idées suivant mon plan, comme si je les présentais à un auditoire. C’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire pour écrire cet article.

Je le fais ensuite juste corriger grammaticalement et restructurer par l’IA. J’essaie qu’elle touche le moins possible au texte, sauf pour les corrections grammaticales et syntaxiques, et pour la structure. Ça me permet de garder mon style au maximum et de délivrer les infos que je veux délivrer, sans qu’elles soient diluées, ou alors que ce soit de ma faute si elles le sont.

Court

Pour les textes courts, comme les messages WhatsApp, certains mails, etc., j’utilise un outil d’IA qui s’appelle Typeless, en un seul mot, et qui remplace ton clavier Android. J’ai configuré des raccourcis pour changer de clavier rapidement : je suis sur le clavier Google habituellement, mais pour dicter des messages un peu longs ou complexes, j’utilise Typeless.

Ça fonctionne de façon hyper naturelle, comme si tu envoyais un vocal. Tu dictes ton message, tu rappuies sur le bouton, et au lieu d’envoyer le vocal, l’outil le fait transcrire par un modèle, puis retraiter par un LLM qui fait juste de la restructuration. C’est un peu ce que je fais pour les articles longs, sauf que là, tout est automatisé dans une application. Tu n’as pas à te prendre la tête : installation, configuration des raccourcis, et c’est fini. Si ta pensée est un minimum construite, tu peux dicter directement tes mails, tes messages, etc.

Il peut aussi apprendre automatiquement des mots particuliers que tu utilises. Moi, par exemple, je lui ai appris ma signature, donc il sait signer mes mails correctement. C’est un outil très puissant, qui fait gagner un temps conséquent quand tu peux parler à voix haute et que tu veux répondre rapidement à tes messages.

Il m’est arrivé de répondre à des mails importants à 2 h du mat’, en session de soirée, et que les mails soient nickel : le texte est pro grâce à ma façon de dicter, et bien formaté grâce à l’IA, sans que j’aie rien tapé. C’est un super usage.

Apprentissage

Avantages (mémorisation)

Pour l’apprentissage, j’utilise différentes méthodes. Il y a d’abord la vidange de l’esprit, avec mon précepteur particulier. Il y a aussi les flashcards, qui peuvent être générées soit par Gemini Notebook, soit par un autre outil qui s’appelle Memojin (M-E-M-O-J-I-N), que je suis en train de tester et qui a été mis en place par mon patron. Il est vraiment super pour les flashcards et pour la mémorisation de cours, car il s’appuie sur des études scientifiques sur les courbes d’apprentissage et la réactivation des connaissances. Ce sont de très bons outils pour mémoriser et pour apprendre des notions.

Inconvénients (pratique et modes de réflexion)

L’inconvénient, c’est que ça ne remplacera jamais la pratique. Je pense notamment à quasiment toutes les matières scientifiques, donc au moins les maths, la physique et l’informatique, qui sont des matières que j’étudie. Il faut certes avoir le cours en mémoire, mais aussi savoir faire les exercices. Pour ces matières, l’IA ne remplacera jamais la pratique, parce que, en tant qu’être humain, c’est la répétition qui nous fait apprendre. L’idée de ces matières, c’est d’apprendre un mode de réflexion, et tu ne l’apprendras pas si c’est l’IA qui réfléchit à ta place. Il faut donc continuer à le faire le plus humainement possible.

Mon workflow, quand je travaille sur ce genre de choses, c’est de prendre le sujet et d’essayer de faire l’exercice en entier par moi-même, avec un minimum d’IA. Ensuite, je consulte la correction donnée par le prof, ou, à défaut, je la fais générer en amont par l’IA. C’est une correction statique, avec laquelle je ne peux pas interagir. J’essaie de trouver mes erreurs moi-même, et si je ne les trouve pas ou ne comprends pas, là seulement, je fais appel à l’IA. Ça me force à réfléchir un maximum et à me confronter au problème avant.

Je n’arrive pas toujours à appliquer cette méthode, mais c’est l’idéal. C’est celle que j’ai appliquée pour mes rattrapages l’année dernière, et je les ai réussis. Elle fonctionne donc pour moi.

Code et développement informatique

Pour le code, et je finirai par là : quand on a un objectif de productivité, ce qui n’est pas mon cas en cours, mais l’est pour mes projets perso et en entreprise, j’ai développé un mode de travail qui marche super bien. Je ne suis sûrement pas le seul à l’avoir fait.

Spec Driven Dev

Le spec driven dev consiste à donner un maximum de spécifications à l’agent avant qu’il commence le développement. Je vous incite d’abord à réfléchir à vos besoins, éventuellement avec la vidange de l’esprit : les techniques que vous voulez, la façon dont vous voulez que la solution soit implémentée, votre interface éventuellement. Ensuite, vous écrivez le document de conception et vous le donnez à l’agent.

Dans un premier temps, vous laissez l’agent en mode plan, donc il ne peut pas interagir ni créer de fichiers, et vous lui dites « grill me ». Pour cela, vous importez une skill « grill me » (« grill-moi »), rédigée par Matt Pocock et très utilisée, qui permet de stress tester votre plan et vous pose plein de questions que vous n’auriez pas envisagées. C’est super parce que ça permet vraiment d’approfondir. J’ai fait des sessions de 40 minutes de stress test, et après, le plan de développement est béton.

Un point important : le développement doit se faire en one shot, en une seule session et, si possible, en un seul prompt. Il faut donc prévoir cet aspect dans le stress test. Une fois le plan prêt, il suffit de dire « go ».

Test Driven Dev

Le deuxième aspect hyper important, c’est le test driven development. Je dis toujours à mes agents de développer en test driven. Ce mode de développement consiste à écrire d’abord les tests, vérifier qu’ils ne passent pas, puis écrire le code jusqu’à ce qu’il les valide. Ça permet d’avoir beaucoup moins de tests manuels à faire derrière.

C’est un mode de développement absolument génial avec l’IA : écrire des tests pour tout, c’est hyper chiant et ça prend beaucoup de temps à nous, les humains, alors qu’une machine a le temps de le faire. Du coup, mon résultat est beaucoup plus propre. Voir mon article sur le développement de mon application pour ma Kindle.

Conclusion

En conclusion, l’IA est un outil formidable pour la rédaction, mais il y a des façons de l’utiliser. Je vous incite à expérimenter un maximum par vous-même : c’est comme ça qu’on apprend. Vous pouvez aussi vous inspirer des méthodes que je décris ici et tester les outils que je mentionne, pour voir si ça s’intègre dans votre flux de travail, dans vos façons de travailler et de réfléchir. Beaucoup de choses sont propres à chacun, mais je pense que des bonnes pratiques générales peuvent se dégager, et j’espère y contribuer par cet article.

Sur Hermès

Je finirai par un mot sur les agents autonomes. J’ai testé Hermès pendant 6 mois, et ça m’a saoulé. D’abord parce que le coût est, pour moi, trop important par rapport à ce que j’en tire. Ensuite parce que je défends une philosophie où l’humain reste au centre, pas la machine. Même si notre travail évolue, c’est à l’humain d’apprendre à travailler, même si la façon de travailler change. Tout faire faire par Hermès a fini par être catastrophique.

Un petit exemple m’a fait peur et m’a fait arrêter : poser des limites, c’est compliqué. J’avais donné à l’agent accès à ma boîte mail pour automatiser un maximum ma recherche d’alternance, afin qu’il me fasse des rapports et m’écrive des brouillons. Un jour, je voulais simplement transférer un message LinkedIn de quelqu’un qui me contactait en me donnant son adresse mail et en me disant de lui envoyer un CV et une lettre de motivation. Je lui ai donné le message en disant : « Note ça dans mon tableau Kanban, qui me permet de gérer ma recherche, et je le ferai plus tard. » Il a rédigé la lettre de motivation, écrit le mail, joint la lettre et le CV, et il l’a envoyé. Heureusement, tout était nickel, mais le fait qu’il l’ait envoyé sans ma permission, alors que je lui avais donné une tout autre consigne, m’a fait peur.

Je trouve aussi qu’il y a une grande perte d’efficacité avec les modèles pas chers. Aujourd’hui, soit tu passes par Claude ou ChatGPT, soit t’es mort, et ce n’est pas dans mon budget. Donc je n’utilise plus ça. Mais si vous voulez tester, allez-y.